HISTOIRE

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La période Chalaisienne (1132-1400)

Une donation en 2 temps :

  • Guillaume de Montmirail est propriétaire d’un domaine entre Infernet, Durance et Barnafret. Sans descendance masculine, il fait donation d’une partie de ce domaine en 1132 à un groupe de moines « voulant servir Dieu ». Il renouvellera cette donation 10 ans plus tard en 1142 à un groupe de moines « voulant servir Dieu selon la règle de Chalais ».
  • Guigues de Revel : venu de Chalais, Guigues de Revel installe la communauté et construit abbatiale et bâtiments monastiques. Le développement est assez rapide grâce à l’exploitation de la forêt dès les années 1190 et l’élevage ovin sur la grande draye provençale qui relie Queyras et plaine de la Crau. Boscodon essaime vers Prads (1170) et Valbonne(1199). La donation de Lure (1160) permet le développement vers la Provence (Clausonne, Clairecombe, Pierredon). Après l’échec de son affiliation avec Bonnevaux (Cîteaux), la maison-mère, Chalais,  disparaît rapidement pour ne laisser, après sa dissolution en 1303, que Boscodon, Clausonne et Pierredon. Boscodon jouit alors d’une bonne réputation tant sur le plan spirituel qu’économique malgré quelques heurts avec ses proches voisins. Malheureusement, deux incendies provoqués l’un par les routiers provençaux en 1365 et l’autre par Raymond de Turenne en 1392 vont la détruire entièrement. Les moines se réfugient à Embrun dans la maison qu’ils viennent d’acheter.

Aujourd’hui, l’Union des Amis des Sites Chalaisiens (U.N.A.S.I.C) met en réseau les différents sites chalaisiens

Dès 1972, le Dr. Marc TERREL de Valbonne et le Père Amans AUSSIBAL de Chalais, les grands « inventeurs » de l’Ordre disparu de Chalais, en rêvaient… Une grande fédération qui rassemblerait l’ensemble des anciennes fondations et sites Chalaisiens. Après eux c’est Sr. JEANNE MARIE de Boscodon qui l’a l’initié.
C’est à l’occasion d’un déplacement à VALBONNE en compagnie d’Alain RENAULD que l’idée germe. Alain accepte dès 2004 de la concrétiser en qualité de président fondateur. La nouvelle Association est publiée au J.O. le 29 décembre 2007, et la première A.G. se tiendra à CHALAIS le 19 avril 2008 en présence des représentants de la plupart des sites. Depuis, d’autres réunions auront lieu sur l’un ou l’autre de ces sites : Valserres, Clausonne, Clairecombe, Laverq, Ste. Croix de Châteauroux, Montbracco…
L’Association a son siège à l’Abbaye de Boscodon. Elle est actuellement présidée par Bernard GOUSSEBAYLE.

Ecoutez Sœur Marie Jeanne raconter l’histoire de l’abbaye :

Lien autour des sites chalaisiens :

- Le site de l’unasic (Union des Amis des Sites Chalaisiens)

Carte des sites chalaisiens ci-contre

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L’abbaye devient Bénédictine (1400-1600)

Une nouvelle calamité s’abat sur l’abbaye en ce début de XVème siècle : une coulée de boue vient anéantir ce qui restait des bâtiments. Heureusement l’abbatiale tient… L’Abbé Jean de Polignac demande de l’aide à Rome et s’allie (1396) à la grande abbaye Saint Michel de la Cluse en Piémont. C’est sans compter sur l’hostilité de l’archevêque d’Embrun qui fera tout pour faire annuler cet accord (1431). Une fois de plus Boscodon se trouve seule pour faire face aux problèmes de recrutement et de voisinage.

Pierre de Saint Aignant mais surtout Claude d’Arces (1461-1518) et les abbés de l’Ile Barbe réussiront à reconstruire l’Abbaye. Les bâtiments monastiques sont restaurés, une chapelle est construite à côté de l’abbatiale pour ces abbés qui ne sont pas toujours là et qui résident lors de leur présence dans le logis abbatial construit en dessous de l’abbaye.
Claude d’Arces (1461-1518) règlera les problèmes locaux : Chadenas avec l’archevêque, l’accès à Naton avec les habitants des Crottes, et les pâturages de Morgon avec Pontis.

Les offices sont créés en 1492 et, suite au concordat de Milan, l’abbaye passe en commende en 1526. Les premières années de commende sont catastrophiques ; les abbés, nommés par le roi, Italiens pour la plupart, se désintéressent de Boscodon qui meurt doucement… et l’Abbaye va de nouveau être détruite pendant les Guerres de Religion. L’arrivée d’Abel de Sautereau va changer la donne.

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Les grandes familles commendataires
et le renouveau de l’abbaye (1600-1770)

• Les Sautereau :
Issu d’une famille noble – son frère est juge royal à Grenoble – Abel de Sautereau est docteur en droit canon et prieur de Moirans. Son ambition est grande : Boscodon va lui donner l’occasion de la réaliser. Dès 1600, il reprend en main la destinée de cette dernière. Il embellit la maison de l’Abbé; réorganise les abords, en particulier les vergers en dessous de l’abbaye, mais surtout il réorganise la vie religieuse et l’abbatiale selon les préceptes du concile de Trente. L’abbatiale transformée est consacrée en 1625, la règle réécrite en 1621.
Soucieux du passé, il transforme la chapelle St Marcellin en crypte et regroupe les ossements retrouvés lors des travaux dans un autel ossuaire. C’est probablement lui qui aplanit le cloître.
Il se fera représenter un compas à la main (signe des bâtisseurs) et avec l’habit blanc des réformateurs. Il va même jusqu’à modifier les armoiries de sa famille en remplaçant les éperviers (signe de guerre) par des colombes (signe de paix).
Il transmettra sa charge à son petit-neveu François (âgé de 9 ans !), en 1639 qui la transmettra à son tour à son petit-neveu Michel en 1680. Ce dernier meurt en 1712 : c’est donc sur plus d’un siècle que cette famille a dirigé Boscodon. Entre temps, en 1692, l’Abbaye sera de nouveau détruite, cette fois par le comte Amédée de Savoie en guerre contre le roi de France.

• Après Sautereau :
Amédée Lafont de Savines reprend l’abbaye. Bon gestionnaire et procédurier, il intente procès sur procès aux Sautereaux pour des travaux non réalisés par ces derniers. Antoine Joseph d’Amat de Volx (Abbé de 1760 à 1771) et Jean Gabriel d’Agay (abbé de 1771 à 1779) lui succèdent et s’occupent particulièrement de la gestion du domaine.
L’Abbaye est riche, trop riche pour ne pas en profiter, se dit Pierre de Leyssin, archevêque d’Embrun. Louis XV et « la commission des réguliers » vont lui donner l’occasion fin 1779 de renvoyer les quelques moines et s’approprier les biens, en particulier le bois. Il met en place un fermier général et intendant dans les bâtiments monastiques. Ces derniers abattent le cloitre et l’aile des officiers afin d’éviter tout retour des moines. L’abbatiale est transformée en hangar pour stocker le bois; les coupes seront drastiques.

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La vie rurale

Le 4 avril 1791, Boscodon est vendu comme bien national.

Sous la Révolution, la forêt devient domaniale, et les bâtiments échoient à Joseph Berthe et Jean Joseph Albrand, anciens employés de l’archevêque et résidant à Boscodon. De successions en successions, la vie s’organise et les bâtiments se transforment, se divisent. Boscodon devient un hameau rural où il est de plus en plus difficile de vivre. Certains choisissent l’exil pendant que d’autres s’accrochent à cette montagne.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Boscodon est un haut lieu de la Résistance. La guerre terminée, la vie de Boscodon deviendra celle de tous les hameaux isolés de montagne, avec l’abandon progressif des lieux. Quelques familles restent pourtant encore.

C’est ce hameau que visite le Dr.Marc Terrel en 1969, lui qui recherche ce qui subsiste de cet ordre de Chalais qu’il vient de découvrir en restaurant l’église de son village : Valbonne. Il reviendra à Boscodon au début de l’année 1972 avec Amans Aussibal et Sœur Jeanne Marie : alors commence une autre histoire…