HOMÉLIES

La Samaritaine

  • 23 mars 2017

(Exode 17, 3 – 7 et   Romains 5 ,1-2. 5-8.)

 

Oui, elle est  assoiffée d’espérance et de foi, la Samaritaine ! Elle avait eu une vie  5 ou 6 fois tordue, mais – plus ou moins consciemment- elle gardait une sincère ouverture vers une vraie rencontre et vers Dieu.
Alors Jésus ne vient pas d’abord montrer qu’il est le plus fort en morale et en science de Dieu. Mais, pédagogiquement, il développe les questions et stimule les réponses de cette femme.
Au lieu de commencer en proclamant que le Salut vient des juifs et non des schismatiques, Jésus dit : »Donne-moi à boire ! »  La glace est rompue ! L’eau de la rencontre va clairement couler.
Le problème n’est même plus : »En quel sanctuaire faut-il prier, à Garizim ou au Temple de Jérusalem ? »
Car bientôt partout on pourra adorer le Père en esprit et en vérité.

Frères et soeurs, Jésus – qui est rempli d’Esprit Saint – nous rejoint, au bord de nos fontaines ou de nos chemins. Et il nous fait prendre conscience de 3 choses :
1°.  Dieu a commencé à nous libérer.
2°. Ce n’est pas fini : nous avons encore à être sauvés.
3°.  Dieu va pouvoir davantage nous sauver.
Son action n’est pas instantanée, sauf exception. Il attend nos questions et notre appel à l’aide.

Le problème de ce XXIe siècle, c’est que souvent on se souvient de s’être fait avoir, par exemple dans des incitations commerciales. Puis on craint d’être récupéré par les systèmes religieux et politiques.
Et cette peur nous dessèche ! En fait, on redoute hélas beaucoup moins les moments d’hyper-loisirs où on consomme et se déshumanise bien plus !

Alors, revenons à l’essentiel. Jeunes ou adultes, posons-nous, comme la Samaritaine, cette vraie question : N’est-ce pas le Sauveur qui vient de s’approcher, m’ouvrant le chemin de la vie ressuscitante ?
Et si nous avancions davantage avec ce Messie ? Et si c’était notre joie ?

Or justement, c’est ce que l’apôtre Paul rappelle dans l’épître de ce jour. Jésus a donné sa vie non pour un juste mais pour les pécheurs que nous étions. Dieu, par l’Esprit Saint, répand son amour en nos coeurs.
Nous recevons la grâce, la paix gratuite et rayonnante. Ainsi notre espérance grandit.

 

Déjà, pendant l’Exode, Dieu n’apportait pas tout instantanément. Mais avec l’aide de son grand ami Moïse, il a fait jaillir du rocher l’eau absolument nécessaire.
Voilà encore une raison qui fait que Jésus promet à la Samaritaine l’eau vraie et inépuisable : c’est parce qu’Il est le Nouveau Moïse, nous conduisant vers une Pâque plus profonde. De la pierre de nos coeurs, Jésus peut faire jaillir la véritable source ! Aujourd’hui et demain, suivons cette femme de Samarie. Elle n’était pas sans péché, mais elle se laisse déranger, remettre en question, elle accepte l’aventure du dialogue vital, puis de recevoir l’eau nouvelle, de laisser transformer sa vie et sa route. « Laissant sa cruche, elle va vite vers la ville et elle crie : »J’ai peut-être vu etentendu le Messie ! » Elle est messagère !

Nous aussi, soyons des porteurs de Bonne Nouvelle, même si nous n’avons pas fini d’accueillir le Fils de Dieu ! Suivons  également une autre pionnière, Marie de Magdala, capable de conversion, de foi et d’amour. Dans quatre semaines, nous reparlerons d’elle !

 

Frère Régis BRON